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Lettre de Paris

Un journaliste du Monde raconte les préjugés racistes

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Le racisme est toujours d’actualité, en France et même pour les…journalistes. Mustapha Kessous, journaliste du Monde en fait les frais, et il le raconte à travers un papier ou il relate « les préjugés contre les Maghrébins, qui empoisonnent sa vie privée et professionnelle ».

Il raconte ainsi son entrevue avec le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale Brice Hortefeux en 2008 ; lequel en arrivant et au moment de serrer la main au journaliste lui demande « Vous avez vos papiers ? ».

Trois mois plus tard, il couvre le Tour de France pour préparer un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes ; où une famille lui a déclaré « Je te parle pas, à toi » plus tard il s’est avéré que même l’organisateur lui ayant délivré l’accréditation aurait demandé à son collègue si Mustapha Kessous « était bien son…chauffeur ».  

Lors de ses couvertures certains n’hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu’  » un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde ! « .

Face à cet « apartheid mental » le journaliste a du supprimer une partie de son identité, et il se présente à ses interlocuteurs au téléphone comme « M. Kessous ».

Le 21 décembre 2007, Mustapha Kessous termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l’oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, lui « pose de drôles de questions » : « Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d’Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ? ».

En outre, suivant les procès pour le compte du journal, Kessous se voit toujours demander si c’est lui « le prévenu ».

préjugés racistes

La nuit, l’exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui le refoulent à l’entrée d’une boîte ou d’un bar.

Il y a quatre mois, il a voulu amener sa sœur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien « tendance ». Le videur leur a interdit l’entrée : « Je te connais pas ! » Il aurait pourtant pu se souvenir de la personne : « j’étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur – dont je faisais le portrait pour Le Monde – et son ami, le chanteur Pascal Obispo ».

En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, arrête Mustapha Kessous sur les quais du Rhône à Lyon : « j’étais sur un Vélo « . On me demande si j’ai le ticket, si je ne l’ai pas volé. L’autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m’arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis ».

Le journaliste déclare à ce propos « je pensais que ma qualité de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux défauts : être un Arabe ; avoir la peau trop basanée, être un musulman.

Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des crochets balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux ».

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